21 mai 2008
Bon appétit !
Un enorme coucou a tous !!
En direct de l' "Auberge Inn" de Quito (Equateur), on vous balance cette tartine de nouvelles!!
Attention a l'indigestion !
Tant de choses a vous raconter au sujet de notre derniere aventure exotique, marquante et litteralement EPROUVANTE ! La traversee de l'une des regions du monde la plus sauvage : l'Amazonie.
Depuis la Paz, les pieds dans les nuages, nous avons mis cap plein nord.
- Un premier bus, vraiment FLIPPANT avec sa roue arriere taquinant les precipices a chaque virage, nous fera quitter les hauteurs vertigineuses et parfois dangereuses de l'Altiplano.
- Un second, insolite a souhait, nous menera de Rurrenabaque a la frontiere bresilienne. Voir la Tartine de Miel...
- Un petit bateau a moteur plus tard et un énième bus nous foulons de nos petons engourdis le sol de Porto Velho, ville etrange et embarcadaire pour l'Amazonie profonde!
- Enfin, une croisiere peu commune de trois jours le long du Rio Mamore nous ammenera a bon port, Manaus! C'est la Tartine au Chocolat...
- Le lendemain, nous embarquerons pour une excursion inoubliable dans ces immensites amazoniennes. La derniere nuit, a la belle etoile dans la foret vierge, achevera a la fois ce reve de depaysement et nos corps, épuisés... C'est l'objet de la Tartine Nature...
La Tartine au Miel
Les habits collants, le front detrempe de sueur avec cette chaleur humide et etouffante, les bras charges de victuailles pour quelques jours et sac sur le dos, nous nous frayons un passage difficile dans le couloir central.
Un passager deja assis nous lance un jovial "Bienvenidos en Infierno" !! Le bus blindé à craquer deborde de partout! Les soutes, le toit, les sieges du fond et le couloir sont envahis de marchandises et bagages. Helene trouve miraculeusement deux places cote a cote. La Cumbia, musique locale, tonne tout ce qu'elle peut. C'est dans cette joyeuse pagaille que nous poursuivons notre voyage vers le nord sur les 500 kilomètres de pistes qui nous separent du Bresil avec une moyenne record de 12 km heure!!
D'adorables petites maisons en bois et feuilles de palme semblent sortir de nulle part dans ces planes étendues à la vegetation exotique. Quel depaysement !! Là, à droite, regardez! Des oiseaux s'envolent!! Majestueux!! Deux metres d'envergure je pense !
Le soir les lanternes refletent les marecages et une douce musique envahit la terrasse des petits restaurants d'un village retrouvé.
La traversée de chacun des villages est d'ailleurs tres comique ! Le chauffeur ralentit une trentaine de fois, chaque fois qu'un cable electrique se presente. Nous sommes trop haut pour passer! Trop de marchandises!!! L'auxiliaire monte alors sur le toit pour les soulever avec un baton.
L'ambiance est decidement terrible dans le bus où quelques boliviens échaudés pinturlurent le visage de ceux qui dorment. Nous ne craignions rien, rassurez-vous. La roue de velo et le gros sac au dessus de nos tetes qui menacent de tomber a chaque secousse nous maintient éveillés tout le long du trajet...
C'est bien plus tard, que nous ecouterons à nouveau avec delice l'accent melodieux du portuguais bresilien... Petit oubli administratif à signaler, nous avons oublie de sortir de Bolivie!! Apres maintes negociations nous obtenons le tampon d'entree en territoire bresilien! Mais le voyage n'est pas termine... Et la bonne douche n'est pas pour tout de suite! Et oui, chers parents, desole, mais on ne se lave pas vraiment tous les jours ici...
La Tartine au Chocolat
Le bateau progresse lentement sur le "rio Madeira" vers Manaus, ville se situant sur le fleuve Amazone. Au milieu d'un réseau de fleuves tentaculaires, Manaus est le point de départ pour des excursions dans la forêt primaire et la jungle amazonienne, ainsi que pour visiter les villages et communautés indiennes.
Au premier niveau du bateau : patates et tomates.
Au second, c'est beaucoup plus insolite : des milliers de couleurs et cent hamacs qui se collent et se superposent sur deux rangées. Nous y avons notre place. Si un de nous deux se balance, il emmenera dans sa danse cinquante autres passagers (dont deux sosies : celui de Fidel Castro et d'Edouard).
La vie est douce et paisible. En penchant la tête, on aperçoit parfois le dos d'un dauphin. Le jeu consiste à deviner où il réapparaitra a sa prochaine sortie de l'eau et on se trompe souvent.
Après trois jours et trois nuits de voyage, nous arrivons a Manaus, curieux de pénétrer la forêt et de voir de plus près ces jolies maisons aux toits de palme que l'on croisait, loin, sur la rive tout le long du voyage. Cela fait dix jours que nous sommes dans les tranports, en bus ou en bateau, les nuits sont courtes et peu reposantes et nous sommes très fatigués, d'autant plus que le traitement anti-paludéen nous causent des nausées et vomissements.
La Tartine Nature
Manaus nous attache. On y rencontre beaucoup de vendeurs ambulants, de marchés vendant artisanats et plantes médicinales d'Amazonie. Le "Mercado Municipal" près du port, voir arriver les poissons frais des fleuves alentours et présentent des montagnes de bananes et ananas. On ne résiste pas à un jus...
La chaleur humide est oppressante et la chambre d'hotel avec ventilo : c'est le minimum. Ici rien ne sèche! A moins de coller le calecon au ventilateur. L'atmosphère est encore plus humide et moins respirable en pleine forêt. Nous passerons trois jours au bord d'un lac formé par le "rio Negro", accueillis dans une famille chaleureuse chez Flavio et Cecilia.
Les rivières sont hautes à cette période de l'année (pleine saison des pluies) et les arbres dépassent à peine de l'eau. Les pilotis des habitats sont souvent inondés.
C'est dans ce décor aquatique et étonnant que nous sillonons en barque des dizaines de rivières avec Raps et Flavio, nos guides. Parfois la barque s'éloigne du chenal principal pour s'enfoncer dans le labyrinthe de la forêt où seuls les cimes des arbres émergent. Le miroir de l'eau donne de somptueux reflets. La moindre vaguelette fait bouger l'ensemble du paysage.
Le calme environnant nous permet d'écouter mille oiseaux aux chants mélodieux et de voir multitude de singes et de dauphins.
Le soir, la chasse aux reptiles est réussie. Un jeune caiman en plein sommeil est réveillé par Flavio qui, d'un rapide mouvement, l'attrape au cou et nous le présente sous toutes ses coutures
Avec Raps, nous nous enfonçons plus profondement dans la forêt, traçant notre propre chemin dans une végetation hostile. A coups de machette, avec des grandes feuilles de palmiers, des lianes et le bois de la forêt, Raps construit un abri et installons les hamacs dessous. Ce soir c'est l'aventure!!!!!!! Hélène est rassurée en imaginant Raps tuer les éventuels cobras avec sa machette.
Raps nous enseigne la forêt qu'il connait parfaitement : plantes medicinales, cours de survie. Il est amoureux de la nature et paraît toujours amusé. Il est heureux de nous faire découvrir sa région. C'est un plaisir de l'écouter.
Nous partageons ensemble un repas au feu de bois, après avoir soigneusement préparé des brochettes de bois (attention il faut vérifier si la sève du bois n'est pas toxique avant!). La nuit commence bien, puis la pluie arrive, très forte et très abondante. Notre abri ne resistera pas...
Que de souvenirs humides... Nous rentrons a Manaus, heureux de cette experience et malades... Xavier est fièvreux et paraît avoir chopé une sacré grippe (on apprendra plus tard qu'il s'agit de la dengue).
Le lendemain nous quittons Manaus pour le Venezuela. Au terminal de bus, tout fievreux et toussant, il faut montrer la preuve de vaccination contre la fievre jaune...
Hèléne et Xavier
21:08 Publié dans 08. Amazonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Écrire un commentaire